Taxe sur les petits colis : comment 2 euros ont vidé Roissy de ses avions
La taxe de 2 euros sur les petits colis chinois a fait perdre un tiers du fret à Roissy en deux semaines. Les plateformes contournent déjà la future taxe européenne. Décryptage.
Depuis le 1er mars 2026, une taxe de 2 euros frappe chaque article commandé sur Shein, Temu ou AliExpress. Deux semaines plus tard, Roissy-CDG a perdu un tiers de son trafic de fret. Les avions cargo chinois ont déserté la France. Et les géants du e-commerce préparent déjà la parade contre la future taxe européenne.
Vous avez peut-être remarqué un petit supplément en passant commande sur Shein ou Temu depuis début mars. C’est la « taxe petits colis », une redevance de 2 euros par article importé de pays hors Union européenne. Sur le papier, l’idée est simple : freiner le déluge de colis chinois à bas prix qui submerge la France. Dans les faits, la mesure s’est retournée contre elle-même en un temps record.
Comprendre cet échec, c’est comprendre un mécanisme que l’on retrouve partout en politique économique : quand on taxe sans anticiper la réaction des acteurs visés, on obtient l’inverse de ce qu’on cherchait.
Cette taxe est un cas d’école dans un pays qui prélève déjà 45 % de son PIB et qui vient d’alourdir la facture de 44 milliards dans le budget 2026.