120 000 suppressions promises, +311 000 créations : le vrai bilan Macron sur les fonctionnaires
Macron avait promis 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires. Bilan réel : +311 000 agents et +43,5 Md€ de masse salariale. Données FIPECO, INSEE, Cour des comptes.
En 2017, Emmanuel Macron s’engageait à supprimer 120 000 postes de fonctionnaires en cinq ans. Sept ans plus tard, la fonction publique compte 311 000 agents de plus. L’écart entre la promesse et la réalité atteint 431 000 postes — un record dans l’histoire de la Ve République.
Le 2 mars 2017, en pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron détaille son programme de réduction de la dépense publique. Le chiffre phare : la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat — 50 000 dans la fonction publique d’État, 70 000 dans les collectivités territoriales. La promesse est claire, chiffrée, répétée. Elle rassure l’électorat libéral et les observateurs qui jugent la fonction publique française surdimensionnée.
Neuf ans plus tard, les chiffres officiels sont tombés. Selon FIPECO et l’INSEE, la France employait environ 5 540 000 agents publics en 2017. Fin 2024, ce chiffre atteint 5 851 000. Le résultat de la promesse Macron sur les fonctionnaires n’est pas une réduction : c’est une augmentation nette de 311 000 postes, pour une masse salariale totale de 362 milliards d’euros.
Pour comprendre comment une promesse aussi précise a pu produire un résultat aussi diamétralement opposé, il faut examiner les chiffres versant par versant, année par année — et mesurer la facture que ce dérapage représente pour le contribuable.
La promesse de 2017 : supprimer 120 000 postes en cinq ans
Un engagement chiffré et répété
La promesse de campagne d’Emmanuel Macron était inhabituellement précise. Le candidat ne parlait pas de « maîtrise des effectifs » ou de « rationalisation » — les formules floues habituelles. Il annonçait un chiffre net : moins 120 000 postes de fonctionnaires sur la durée du quinquennat.
La ventilation était explicite. 50 000 suppressions devaient concerner la fonction publique d’État — les ministères, les préfectures, les administrations centrales. 70 000 suppressions devaient toucher les collectivités territoriales — communes, départements, régions — par le biais d’une réforme de l’organisation territoriale et d’incitations financières.